Cela fait 3 semaines que nous avons décidé de nous occuper exclusivement des problèmes de comportement de Nathan.

Avec Christophe, mon mari, nous avons suivi deux formations en ligne, une sur la méthode ABA et l’autre sur la gestion des comportements défi.

Observer pour comprendre

Tout d’abord la première étape est l’observation.

Ce n’est pas forcément simple quand c’est son enfant.

Il faut arriver à prendre de la distance.

Tout noter pour pouvoir analyser

Nous avons pris la décision de noter tous les comportements de Nathan sur un cahier.

On y mentionne le jour et l’heure pour voir s’il existe des moments de la journée plus « propices » aux crises de Nathan.

L’analyse du comportement A B C

Nous notons :

En A : l’antécédent : on décrit le contexte juste avant que le comportement défi n’apparaisse.

En B : Le comportement en lui-même, on le décrit le plus précisément possible.

En C : La conséquence de ce comportement. Il s’agit en fait le plus souvent de la réponse que nous apportons nous même au comportement de Nathan.

Cette description va nous servir à observer la fréquence des comportements défi mais surtout à comprendre pourquoi ils apparaissent et dans quel but.

Modifier la conséquence C pour stopper le comportement B

Notre réponse au mauvais comportement de Nathan va permettre de lui faire comprendre que ce mauvais comportement ne lui apporte pas ce qu’il désire.

Exemple 1 :

A : On travaille à table avec Nathan.

B : Il fait une crise pendant qu’on travaille, il envoie tout valser, il râle et refuse l’activité.

C : On le met dans sa chambre pour qu’il se calme

Exemple 2 :

A : On va manger, on est en train de préparer le repas

B : Il fait une crise, s’impatiente, et nous agresse

C : On le met dans sa chambre pour qu’il se calme

Analyse :

Pour ces deux crises, nous avons eu la même réaction et nous avons eu la même attitude.

Pourtant dans l’exemple 1, notre réponse à sa crise lui a donné entière satisfaction puisque l’activité qu’il ne voulait pas faire a été stoppé et il a évité le travail.

Alors que dans l’exemple 2, le fait d’aller dans sa chambre alors qu’il veut manger rapidement et vraiment une sanction pour lui. Il va devoir patienter au lieu de manger de suite.

Chaque crise doit être analysée pour pouvoir apporter la réponse qui ne renforcera pas cette crise.

Je m’explique : il faut trouver le pourquoi et surtout comprendre ce que l’enfant attend de sa crise pour ne pas lui donner satisfaction.

Si on renforce un comportement de crise, comme dans l’exemple 1, l’enfant prendra l’habitude de le faire pour obtenir ce qu’il veut.

Il faut donc adapter la conséquence en fonction du pourquoi de la crise.

Combien de temps faut il pour stopper les crises ?

Forcément plus un mauvais comportement a longtemps été renforcé, plus cela va mettre du temps à le stopper.

Par exemple : un enfant, qui a toujours obtenu de regarder plus longtemps la télévision en faisant une crise lorsque l’adulte veut l’éteindre, va penser qu’en faisant une crise, l’adulte va le laisser regarder plus longtemps.

Ou encore :

Lors du brossage des dents, le soir, l’enfant refuse, il fait une crise. Si on abandonne et qu’on le couche sans lui brosser les dents, les autres soirs, il essayera de faire la même chose et ce sera de plus en plus compliqué.

Agir au plus vite

Mon conseil est de ne pas attendre pour combattre les comportements défi. Nous l’avions fait avec Nathan vers ses 4 ans et cela avait bien fonctionné. Le souci c’est qu’avec le temps, nous avons relâché notre vigilance et d’autres comportements défi se sont installés.

Se faire Aider

C’est extrêmement fatiguant de combattre ces comportements problématiques au quotidien. Cela peut être sans répit et parfois il est bon de se faire aider, soit par des professionnels, soit de s’entourer de sa famille pour avoir du soutien.

Partout, tout le temps

L’important est de ne pas lâcher, et de garder la même attitude à chaque fois.

Je reprends mon exemple du brossage des dents. Si on abandonne plusieurs soirs, il sera plus difficile de reprendre ensuite.

On doit avoir un comportement régulier, pour que l’enfant comprenne que l’on ne change pas d’avis tout le temps.

S’il y a plusieurs comportements défi à travailler, on peut choisir d’un travailler un seul à la fois. Mais celui qu’on travaille on le fait jusqu’au bout.

Adapter la demande oui, abandonner non

Lorsque l’on sent que la résistance de l’enfant est grande, je conseille d’y aller progressivement.

Par exemple : un enfant qui refuse de travailler, il faut lui proposer des choses très simples et une seule acticité pour débuter. Puis progressivement, on rajoutera des activités et de la complexité.

Il faut rester ferme sur sa demande mais savoir l’adapter et être patient.

Le manque de communication

Enfin il faut bien garder en tête, que certains comportements défi sont la conséquence du manque de communication.

Cette frustration de ne pas arriver à se faire comprendre est souvent à l’origine de crise et c’est tout à fait compréhensible.

Imaginez vous dans un pays dont vous ne parlez pas, ou ne lisez pas la langue, où l’alphabet est différent du votre. Si vous avez besoin ou envie de quelque chose, comment faire pour vous faire comprendre ?

C’est extremement difficile à vivre.

C’est pourquoi en plus de l’analyse du comportement, nous travaillons sur des moyens de communication par images et sur l’instauration d’un planning pour limiter les angoisses dues à l’ignorance de l’emploi du temps.

J’en parlerai dans un autre article.

N’hésitez pas si vous voulez échanger sur ce sujet. J’aimerai beaucoup avoir vos avis ou vos témoignages.